Il comprit

Il comprit

Il comprit qu’il était de l’Ancien Monde, peut-être même qu’il n’avait jamais vraiment été dans celui-ci.

Il était sans doute, tout autre, d’un ailleurs. Il se voulait sincère quand le langage se cabrait. Il écrivait ses poèmes pour réconcilier les humains, le monde et les cieux. Par ses mots, il était tantôt, dans le souffle des grands espaces, dans l’odeur du large, dans la magnificence de tout ce qui vit, dans les reflets et senteurs des printemps, dans les émotions et sourires que suscitent l’art et le beau.

Il aimait partager, l’ennoblissement de la pensée, les harmonies qui rendent la vie entière et sereine, la grâce des mots audacieux qui envole l’esprit et l’âme.

Il savait aussi que les saisons de la nature, comme celles du cœur, doivent laisser place aux suivantes. Un jour, comme l’hiver endort le temps, il s’effaça de ses jours. Elle lui en sut gré, d’un silence digne sans fin.

Pascal Colon - Zest Bleu